Le RED-S : ce que disent vraiment les méta-analyses

ll survient lorsque l'apport énergétique d'un athlète ne couvre pas à la fois les besoins de l'entraînement et les fonctions physiologiques de base — on parle de disponibilité énergétique basse. Ce déséquilibre peut, à terme, perturber le métabolisme, la fonction reproductive, la santé osseuse, l'immunité, la synthèse protéique et la santé cardiovasculaire.

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9/16/20263 min temps de lecture

Le RED-S : ce que disent vraiment les méta-analyses

Le RED-S (Relative Energy Deficiency in Sport, ou déficit énergétique relatif dans le sport) est un syndrome décrit par le Comité International Olympique en 2014 [3]. Il survient lorsque l'apport énergétique d'un athlète ne couvre pas à la fois les besoins de l'entraînement et les fonctions physiologiques de base — on parle de disponibilité énergétique basse. Ce déséquilibre peut, à terme, perturber le métabolisme, la fonction reproductive, la santé osseuse, l'immunité, la synthèse protéique et la santé cardiovasculaire [1,3]. Longtemps réduit à la "triade de l'athlète féminine" (troubles menstruels, densité osseuse, apports énergétiques), le RED-S est aujourd'hui reconnu comme touchant aussi bien les femmes que les hommes, avec un spectre de conséquences beaucoup plus large [3].

Un impact particulier chez les femmes

Chez les sportives, le RED-S reste le mieux documenté scientifiquement à travers la triade de l'athlète féminine, qui relie disponibilité énergétique basse, troubles du cycle menstruel et santé osseuse [3,5]. Une étude sur des athlètes d'endurance a ainsi observé que 33% des sportives à risque présentaient une aménorrhée [4]. Les bilans biologiques montrent aussi des perturbations hormonales caractéristiques : baisse de l'estradiol, de la progestérone et de la leptine, hausse de l'hepcidine et de la T3 libre [4]. Sur le plan clinique, les symptômes évocateurs d'un RED-S chez une femme peuvent inclure : cycles irréguliers ou absence de règles, fatigue persistante malgré un entraînement stable, blessures osseuses à répétition (fractures de fatigue), baisse inexpliquée des performances, troubles digestifs, frilosité, chute de cheveux, difficultés de concentration, et parfois des troubles de l'humeur ou un rapport anxieux à l'alimentation [1,4,5]. Les femmes présentant une aménorrhée ou une disponibilité énergétique basse montrent par ailleurs une densité minérale osseuse réduite et une architecture osseuse altérée, avec un risque accru de fractures de fatigue, notamment au niveau du rachis lombaire et du radius, sites riches en os trabéculaire [5].

Une prévalence massive et sous-estimée

La méta-analyse de référence (Gallant et al., Sports Medicine, 2025, 59 études incluses) montre que près de 45% des 6 118 athlètes étudiés présentaient une disponibilité énergétique basse, avec 44,2% chez les femmes et 49,4% chez les hommes — la fréquence chez les hommes est donc loin d'être négligeable, contrairement à une idée reçue [1]. Parmi les athlètes évalués sur le risque de RED-S à proprement parler, 63% étaient jugés à risque [1].

Un impact direct sur la performance et la santé osseuse

La même méta-analyse conclut que les athlètes en disponibilité énergétique basse présentent des performances de course, une réponse à l'entraînement, une endurance, une coordination, une concentration et une puissance explosive diminuées, ainsi qu'un risque accru d'absence pour maladie [1]. Sur le plan osseux, la majorité des études confirme une santé osseuse altérée et un risque accru de fractures de fatigue [1] — un point particulièrement pertinent pour les coureurs d'endurance et de trail, très exposés à ce type de blessure.

Que faire ? Ce que montre la méta-analyse sur les traitements

Une seconde méta-analyse récente (Wood & Soundy, 2025, 19 études, 759 femmes) a comparé les approches pharmacologiques et non pharmacologiques [2]. Résultat clé : les interventions non pharmacologiques (nutritionnelles notamment) montrent des bénéfices significatifs sur la récupération de la fonction menstruelle, la disponibilité énergétique, la masse grasse et le pourcentage de masse grasse, ce qui en fait la première ligne de prise en charge avant tout recours médicamenteux [2].

En pratique

Le message des données est clair : le RED-S n'est pas un problème marginal réservé à un profil d'athlète particulier. Il concerne une part très importante des sportifs d'endurance, hommes compris, et se traduit concrètement par une contre-performance et un risque accru de blessures osseuses — souvent avant même l'apparition de troubles visibles [1]. La bonne nouvelle : une prise en charge nutritionnelle bien conduite reste l'intervention la plus efficace et la mieux documentée [2].

Pour aller plus loin, retrouvez nos articles sur la nutrition du sportif.

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Références

  1. Gallant TL, Ong LF, Wong L, et al. Low Energy Availability and Relative Energy Deficiency in Sport: A Systematic Review and Meta-analysis. Sports Medicine. 2025;55:325-339. https://doi.org/10.1007/s40279-024-02130-0

  2. Wood AN, Soundy A. Pharmacological vs. Non-Pharmacological Treatment in the Management of Relative Energy Deficiency in Sport (REDs): A Systematic Review and Meta-Analysis. Sports. 2025;13(12):453. https://doi.org/10.3390/sports13120453

  3. Mountjoy M, et al. IOC consensus statement on relative energy deficiency in sport (RED-S). 2014.

  4. Woronyczová J, Nováková M, Gerych D, et al. Relative energy deficiency in sport: a cross-sectional study of nutritional, biochemical and hormonal profiles in Czech female endurance athletes at risk of low energy availability. Sports Act. Living. 2026;8:1663582. https://doi.org/10.3389/fspor.2026.1663582

  5. Relative Energy Deficiency in Sport (RED-S) and Bone Stress Injuries — Epidemiology and Risk Factors in the Female Athlete. ScienceDirect